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domingo, 2 de febrero de 2014

Presentación del Señor, Jornada de la Vida Consagrada

Luis de Morales, Presentación de Jesús en el Templo,
1560-1568, Museo del Prado
Intervención en la Misa de la Parroquia San Andeol, Bourg-St-Andéol, Francia, en la Jornada de la vida consagrada.

Dans cette journée de la vie consacrée, on m’a demandait de vous raconter un peu de la vie consacrée dans mon diocèse.
Depuis presque cinq ans, je suis l’évêque de Melo, en Uruguay. Mon diocèse a une superficie de 25.000 kilomètres carrés et une population de 140.000 habitants. Nous comptons avec treize prêtres et quatre diacres mariés. Heureusement, il y en a aussi huit communautés religieuses avec plus de trente sœurs.
Dans notre église diocésaine, les sœurs nous apportent une grande diversité. Cela nous aide à vivre l’universalité, c’est-à-dire la catholicité de l’Église : à côté de quelques uruguayennes il y en a des argentines, chiliennes, péruviennes, espagnoles, italiennes, … Bien sûr, il y a des charismes différents : quelques-unes dans le champ de l’éducation, d’autres dans le travail social… de toute façon, presque toutes elles participent dans le service pastoral des paroisses, au caté, aux communautés de base, aux équipes de liturgie, aux groupes de prière, etcetera.
Au même temps, la vie fraternelle des communautés religieuses est pour nous un valable témoignage de fraternité.
Ici, à ce diocèse de Viviers qui a eu comme membre de son clergé le bienheureux Charles de Foucauld, un homme qui a su vivre comme « frère universel », on ne peut moins que mettre en valeur le témoignage de la vie fraternelle. Dans son message pour la Journée Mondiale de la Paix, le Pape François nous rappelle la Parole du Seigneur : « puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, vous êtes tous des frères » (cf. Mt 23, 8-9). Et il ajoute :
« La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. » […] « Celui qui accepte la vie du Christ et vit en Lui, reconnaît Dieu comme Père et se donne lui-même totalement à Lui, en l’aimant au-dessus de toute chose. L’homme réconcilié voit en Dieu le Père de tous et, par conséquent, il est incité à vivre une fraternité ouverte à tous. Dans le Christ, l’autre est accueilli et aimé en tant que fils ou fille de Dieu, comme frère ou sœur, non comme un étranger, encore moins comme un antagoniste ou même un ennemi. »
Finalement, dans les orientations pastorales des évêques de l’Uruguay, nous proposons à tout le Peuple de Dieu de notre pays que nous fassions des efforts pour faire resplendir le visage maternel de l’église, par l’exercice de l’écoute, du dialogue et de la miséricorde.
Dans son exhortation Evangelii Gaudium le Pape François nous donne une indication importante pour accomplir cet objectif :
« Je vois avec joie combien de nombreuses femmes partagent des responsabilités pastorales avec les prêtres, apportent leur contribution à l’accompagnement des personnes, des familles ou des groupes et offrent de nouveaux apports à la réflexion théologique. Mais il faut encore élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l’Église » (EG 103).
Je remarque qu’il ne s’agit pas d’une question de nécessité, mais une question de vocation : vocation de tout le Peuple de Dieu : hommes et femmes, laïcs, personnes consacrées, diacres et prêtres, à participer activement de la vie de l’Église comme disciples missionnaires du Seigneur, appelés par Jésus à être avec lui et envoyés au monde pour annoncier l’Évangile du Royaume. Ainsi soit-il.

miércoles, 29 de enero de 2014

À Ostabat, en mémoire de Mgr Marcel Mendiharat

 

Messe à l'Église d'Ostabat, en mémoire de Mgr Marcel Mendiharat

Mgr Marcel Mendiharat est né le 2 mai 1914 à Ostabat Asme, Pays Basque, France. Il y reçoit son éducation primaire. Il attend au collège à Saint Palais et à l’école agricole de Oloron-Ste-Marie.
 En janvier 1931 il vient à l’Uruguay, où sa famille a des propriétés dans la campagne, près de Sacachispas, département de Soriano. Il travaille pendant quelques ans dans l`élevage, et on dit qu’il maîtrisait le lasso.
Aux 24 ans, en 1938, en suivant l’appel du Seigneur il entra au Séminaire pour le diocèse de Salto.
Il fut ordonné prêtre par Mgr Alfredo Viola le 22 juillet 1945 dans l’église de Mercedes, aujourd’hui cathédrale.
Sa première tâche pastorale est au Séminaire Mineur de Salto, jusqu’à 1954 où il est envoyé comme curé de la paroisse Saint Eugène d’Artigas.
En février 1959 il est désigné évêque coadjuteur de Salto. Il fut ordonné évêque le 18 mai de cette année. La devise de son blason épiscopal était : « Ad Iesum per Mariam », « à Jésus par Marie ».
Aux années 1962 – 1965, avec Mgr Viola il attend aux sessions du Concile Vatican II, événement central de la vie de l’Église Catholique au XX siècle, qu’il vivra très intensément.
Le 25 mars 1968 il recevra de Mgr Viola la conduction pastorale du diocèse comme troisième évêque de Salto.
Il prit part à la II Conférence Générale de l’épiscopat latino-américain à Medellin, Colombie, en août – septembre 1968. Les orientations de Medellin seront reçues et reprises au diocèse de Salto dans l’assemblée pastorale diocésaine de novembre – décembre de cette même année. Le diocèse commence une démarche dont les priorités sont l’évangélisation, les communautés ecclésiales de base, la coresponsabilité, la pauvreté et le service.
Au début de l’année 1973, dans un contexte politiquement difficile, Mgr Mendiharat, en visite à Rome, conseillé par le Pape Paul VI, ne rentre pas à l’Uruguay. C’est le début d’un long exil.
 De mai à décembre 1973 il résida au diocèse d’Avellaneda, Buenos Aires. En 1974 il est reçu chez les Pères Passionistes. Entre 1975 et 1984 il est accueilli par Mgr Raspanti et après par son successeur Mgr Laguna au diocèse de Morón, à la Paroisse du Sacré Cœur, Hurlingham, où il deviendra chapelier de San Carlos, au quartier de Villa Club. Pour ses paroissiens, qui s’en souviennent toujours de lui, il sera pendant ces ans « le Père Marcelo ».
En 1977 le diocèse de Salto reçoit un évêque auxiliaire, Mgr Carlos Nicolini, ordonné le 8 décembre de cette année. L’année suivante, le 22 août, Mgr Nicolini sera nommé administrateur apostolique « sede plena » de Salto. Cependant, les deux évêques continuent leur communication et leur communion dans la distance.
Le 18 mai 1984, à l’occasion de célébrer les noces d’argent épiscopales de Mgr Mendiharat, les évêques uruguayens, quelques évêques argentins, les prêtres et les séminaristes du diocèse de Salto se ressemblent avec lui à la basilique de Notre-Dame de Luján, patronne de l’Argentine. La dictature militaire uruguayenne est proche de sa fin, et le retour de Mgr Mendiharat à son diocèse n’est pas loin.
Le 27 décembre 1984 l’évêque rejoint son peuple à Salto pour la première fois depuis son exil. Le 24 mars de l’année suivante une grande concélébration à la cathédrale manifeste le retour définitif de Mgr Mendiharat à son diocèse. Mgr Nicolini écrit une chaude lettre pour recevoir le berger qui reprend pleinement la conduction de son troupeau.
En avril 1984, l’évêque diocésain et l’évêque auxiliaire devenu coadjuteur convoquent le peuple de Dieu à avoir part dans l’élaboration d’un Plan pastoral diocésain qui mettra en avant l’évangélisation nouvelle de Jean-Paul II, les communautés ecclésiales de base « lieux de prière, vie fraternelle, service et mission », et la pastoral sociale libératrice.
La visite du Pape à Salto, le 9 mai 1988 donne au diocèse un grand élan pour le travail pastoral.
L’inattendu décès de Mgr Nicolini, le mois suivant à la visite, laisse le diocèse dans un climat d’incertitude.
Le 2 mai 1989, au moment de ses 75 ans, selon les normes du droit canon, Mgr Mendiharat présente sa démission au Saint Père.
Le 1er juillet de cette année, il reçoit Mgr Daniel Gil Zorrilla, jusqu’au moment évêque de Tacuarembo, devenu quatrième évêque de Salto.
Encore avec des forces et maintenant complètement disponible, l’ancien évêque offre au nouvel évêque son service, en prenant en charge la paroisse de Santa Cruz à Salto. Aux 80 ans, Mgr Gil le délivre de cette responsabilité, mais il reste comme vicaire à la paroisse.
En janvier 2003, après un problème de santé, il rentre à l’évêché de Salto. Il continua à rendre des nombreux services, en recevant des gens qu’y vont pour lui demander orientation spirituel. Il reçoit aussi l’équipe de « Operacion Techo », une organisation qui travaille pour la construction des maisons pour les familles de « La Tablada », un quartier très défavorisé de Salto. Il prend aussi partie aux rencontres de la Fraternité laïque « Charles de Foucauld ».
Sa dernière intervention publique au diocèse fut le 27 septembre 2003, à l’occasion de l’ordination épiscopale de Mgr Bodeant, évêque auxiliaire de Salto. Avec Mgr Gil et Mgr Collazzi, président de la Conférence épiscopale il a été l’un des trois consacrants principaux.
Depuis juillet 2004, à cause du besoin des soins plus fréquents, Mgr Mendiharat déménage l’évêché pour habiter à Montevideo, au Foyer Sacerdotal. Là, il devient « le permanent de la prière ». Il passe longtemps à la chapelle, devant le Saint Sacrement, en priant chaque jour pour un prêtre, une paroisse, une communauté religieuse du diocèse.
En août 2005 il est invité à prêcher dans la messe en occasion des 125 ans du Séminaire Interdiocésain. Le 12 septembre de la même année il est présent avec un très encourageant message au XXX rencontre des Laïcs de l’Uruguay.
Au matin du 12 juin 2007 il nous quitte à Montevideo, au Foyer Sacerdotal. L’après-midi son corps est envoyé à Salto, pour être voilé à la Cathédrale et enseveli le lendemain au panthéon du Diocèse au cimetière local.
Ses funérailles sont suivies avec une grande émotion et gratitude par une multitude de ses anciens diocésains.